Kasaï Central : reconstruction sociale des victimes du phénomène Kamuina Nsapu, la CPVJR, un levier essentiel pour la vérité, la justice et la réconciliation



Entre 2016 et 2018, l'espace Grand Kasaï a connu des violents affrontements entre la milice Kamuina Nsapu et les forces loyalistes. Des graves violations des droits de l'homme ont été documentées, laissant des tromatismes inouïs dans la population.

Près de huit ans après, le Kasaï Central poursuit un processus délicat mais nécessaire de reconstruction sociale. Au cœur de cette dynamique se trouve la Commission Provinciale Vérité, Justice et Réconciliation du Kasaï Central (CPVJR), une institution mise en place pour répondre aux attentes profondes des populations affectées par les conflits.

Créée par l’Édit provincial N°006/K.C/2021 du 15 juillet 2021, adopté par l’Assemblée provinciale et promulgué par le Gouverneur de province, la CPVJR est légalement investie d’un mandat clair : contribuer à la restauration durable de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble dans la province.

La création de la CPVJR s’inscrit dans le prolongement des consultations populaires organisées en 2020 par le Gouvernement provincial, avec l’appui des Nations Unies. 

À cette occasion, les communautés du Kasaï Central avaient exprimé des besoins pressants en matière de vérité, de justice, de réparation et de prévention des conflits.

Les populations avaient notamment insisté sur l’importance de l’écoute des victimes, de la reconnaissance des souffrances subies, de la préservation de la mémoire collective et de la mise en place de mécanismes favorisant la réconciliation.

La mission principale de la CPVJR est d’établir la vérité sur les violations des droits humains et les violences commises, sans esprit de vengeance ni de stigmatisation. Les enquêtes menées par la Commission visent avant tout à documenter les faits, à comprendre les causes profondes des violences et à prévenir leur répétition.

Au-delà de la recherche de la vérité, la CPVJR œuvre pour la promotion de la justice et la réconciliation entre les communautés. La reconnaissance des préjudices subis constitue une étape essentielle du processus de guérison collective. 

La Commission rappelle que la vérité n’est pas une fin en soi, mais un pas décisif vers la réconciliation. Honorer la mémoire des victimes, c’est refuser l’oubli et affirmer collectivement que de telles violences ne doivent plus jamais se reproduire.

La CPVJR bénéficie de l’appui de partenaires internationaux de premier plan, notamment Trial International, le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) et l’Union européenne. Cet accompagnement renforce les capacités de la Commission et témoigne de l’engagement de la communauté internationale aux côtés du peuple du Kasaï Central pour la promotion des droits humains, de la justice et de la paix durable.

Construire l’avenir sur des bases solides

En documentant le passé et en donnant la parole aux victimes, la CPVJR contribue à poser les fondations d’un avenir fondé sur la justice, la dignité humaine et la paix durable.



✍ Dane News  Bernard Padikuba. En collaboration avec la CPVJR

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